L'adoption
Comment adopte-t-on un enfant en France ?
- Le mot du jour : orphelin
Le 3 décembre, le procès de six membres de l’Arche de Zoé s’est ouvert à Paris. Ils sont accusés d’avoir tenté, en 2007, de ramener illégalement 103 enfants, présentés comme des orphelins, du Darfour, une région du Soudan (Afrique), et d’avoir escroqué les familles françaises auxquelles ils comptaient les confier. Les associations qui s’occupent de l’adoption craignent que cette affaire ne donne une très mauvaise image de leur activité. Nous avons interrogé Alain Écuvillon, vice-président du Mouvement pour l’adoption sans frontières (MASF). Il nous explique comment on peut adopter un enfant étranger en France.

Sur cette photo, tu peux voir une orpheline originaire de Haïti. Elle est accompagnée par une personne de La Croix Rouge à son arrivée en France. Ses parents adoptifs français vont la rencontrer quelques minutes après la prise de cette photo. ( © AFP PHOTO POOL BORIS HORVAT)
Pourquoi en parle-t-on ?
La rédaction n’a pas choisi de te parler de l’Arche de Zoé et du procès, mais plutôt de l’adoption. Pour cela, nous avons interviewé une personne qui connaît bien cette question : Alain Écuvillon, vice-président du Mouvement pour l’adoption sans frontières (MASF).
L’interview du jour :
1jour1actu : Comment adopte-t-on un enfant étranger ?
Alain Écuvillon : Il faut être patient, car la procédure d’adoption est longue : entre 9 et 12 mois ! Les familles rencontrent des psychologues et des assistantes sociales qui déterminent si elles sont prêtes à adopter. Si c’est le cas, leurs demandes sont acceptées ; on dit de ces familles qu’elles sont « agréées ». Mais l’attente n’est pas terminée ! Il faut une année, parfois plusieurs, pour que ces personnes agréées deviennent enfin les parents d’un enfant.
Ces familles ont le choix entre adopter un enfant français — un « pupille de la nation » — ou un enfant étranger. Dans le second cas, il faut prendre contact avec les orphelinats de l’étranger ou se faire aider par des organismes spécialisés dans l’adoption. Et là aussi, la procédure est longue : pour adopter un enfant chinois, il faut attendre cinq ans, par exemple !
1jour1actu : Combien d’enfants étrangers sont adoptés chaque année, par des familles françaises ?
Alain Écuvillon : Leur nombre diminue depuis quelques années. En 2006, ils étaient 4 000 à être adoptés par des Français. En 2011, ils n’étaient déjà plus que 2 000, et cette année, entre 1200 et 1500. Pourquoi ? D’abord parce qu’il y a bien plus de Français qui aimeraient adopter un enfant… que d’enfants étrangers à adopter. Les familles françaises agréées et espérant adopter sont entre 25 000 et 30 000 ! Ensuite, parce que les pays se développent et les conditions de vie des parents et de leurs enfants s’améliorent. Il y a moins d’abandons, d’enfants seuls ou sans famille, dans les orphelinats étrangers.
1jour1actu : Que font les associations pour les enfants qui vivent dans des pays en difficulté ?
Alain Écuvillon : Le rôle des associations d’adoption internationale, c’est aussi de veiller sur ces enfants. En Russie, 700 000 enfants vivent dans les orphelinats ! Les organismes essaient de favoriser leur adoption. À Haïti, après le tremblement de terre de 2010, les procédures d’adoption déjà en cours ont été accélérées, pour que les enfants puissent être mis plus vite en lieu sûr, en France, auprès de leurs parents adoptifs. Mais il arrive aussi que certains pays se ferment parfois à l’adoption, c’est le cas du Mali, qui, depuis le début des troubles politiques, refuse l’adoption d’enfants maliens par des familles étrangères.
Merci à Alain Écuvillon, vice-président du Mouvement pour l’adoption sans frontières, d’avoir répondu à nos questions.
Le dico du jour :
Escroquer : Obtenir malhonnêtement de l’argent d’une personne en la trompant et en lui mentant.